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PATHOLOGIE DES GLANDES SALIVAIRES

I. INTRODUCTION

 

La sécrétion de salives est assurée par plusieurs types de glandes : deux glandes parotides, deux glandes sub-mandibulaires, deux glandes sub-linguales et de multiples glandes salivaires accessoires réparties dans toute la cavité orale. Le volume de salive sécrété par l’ensemble des glandes salivaires en moyenne par 24 heures est de 1 000 ml. Il varie cependant en fonction de la stimulation, du rythme circadien et de l’état de vigilance mais aussi de l’âge du patient. La salive possède quatre fonctions distinctes : digestive, protectrice, excrétrice et endocrine. La salive facilité la formation du bol alimentaire ainsi que la déglutition grâce aux substances lubrifiantes qu’elle contient.

Elle joue également un rôle dans la gustation en solubilisant les substances sapides, étape indispensable à leur fixation sur les récepteurs gustatifs situés sur les bourgeons du goût.

 

La fonction digestive est assurée par l’amylase sécrétée par les glanes parotides et sub-mandibulaires, et par les protéases et lipases sécrétées principalement par les glandes sub-linguales séreuses. La salive assure également la protection de la muqueuse buccale et des dents.

 
II. Imagerie des glandes salivaires

 

L’échographie est en général le premier examen à pratiquer dans le bilan d’une pathologie salivaire. Elle permet d’analyser le parenchyme de la glande (nodules ? kystes ? ), les canaux (dilatation ? calculs ?) et la vascularisation glandulaire (inflammation ?). Elle explore les régions voisines en particulier les axes vasculaires du cervicaux et les aires ganglionnaires du cou. Un scanner peut être indiqué mais il est aujourd’hui remplacé par l’IRM en pathologie salivaire.

 

Actuellement l’IRM constitue l’examen des glandes salivaires le plus performant dans le bilan des processus expansif. Elle nécessite la coopération du patient qui doit éviter de déglutir pendant les séquences et rester immobile. Cet examen peut être complété par une cytoponction du nodule. Il s’agit d’une ponction du nodule à l’aide d’une aiguille fines permettant de recueillir quelques cellules et de les analyser pour tenter de connaitre sa nature (tumeur bénigne ou maligne).

La sialo-endoscopie est récente. L’introduction d’un endoscope semi-rigide directement dans le canal salivaire excréteur de la glande permet de visualiser un éventuel obstacle. Elle est utilisée pour les pathologies obstructives des canaux salivaires et n’est pas encore disponible dans notre centre.

image d'une IRM en coupe frontale montrant un adénome pléomorphe de la glande parotide droite

 

III. Pathologies les plus fréquentes

Pathologies inflammatoires et lithiasiques des glandes salivaires

L’infection des glandes salivaires peut être virale (« oreillons ») ou bactérienne. Le traitement repose sur l’antibiothérapie. Les lithiases des glandes salivaires principales se constituent dés l’enfance. Elles ont un caractère familial et on admet aujourd’hui qu’il existe des facteurs de risque d’origine génétique. Il s’agirait d’un dérèglement d’une glande salivaire principale, voire de deux exceptionnellement. La salive, anormalement riche en calcium, précipite et forme des calculs (« cailloux ») plus ou moins gros. Celui bloque la sécrétion de salive et provoque douleurs, gonflement, infection.

Le traitement proposé est soit la sialo-endoscopie permettant lorsque c’est possible l’ablation des calculs par les voies naturelles soit la chirurgie qui reste recommandée, par voie endo-buccale pour toutes les lithiases sub-mandibulaires situées dans la partie distales du canal ou par sous-mandibulectomie par cervicotomie pour les lithiases de très gros volume intra-glandulaire.

Il existe également de nombreuses pathologies chroniques salivaires qui ne sont ni des infections, ni des tumeurs. Il s’agit schématiquement soit des maladies de nature dystrophique ou nutritionnelle soit de maladies systématiques.

 

Tumeurs des glandes salivaires

Les tumeurs des glandes salivaires représentent 2 à 3 % des tumeurs de la tête et du cou. Au niveau des glandes salivaires principales, ces tumeurs sont bénignes dans les trois quarts des cas avec comme tumeur la plus fréquente l’adénome pléomorphe. A l’opposé, la très grande majorité des tumeurs rencontrées au niveau des glandes salivaires accessoires sont malignes.

Sur le plan pratique, la difficulté est d’affirmer la nature salivaire et le caractère bénin des ces tumeurs mais aussi à en préciser l’étiologie exacte. La nature bénigne de la tumeur n’étant affirmée avec certitude que par l’examen anatomo-pathologique réalisé au décours de la chirurgie d’exérèse. Aussi, malgré les progrès actuel de l’imagerie et l’apport de la cytoponction, le traitement dans la très grande majorité des cas se résume encore à la chirurgie.

  • Quel est le principe ?

 

Parotidectomie : fiche informative de notre société savante téléchargeable en cliquant ici

Ce geste s’effectue après avoir repéré et préservé le tronc du nerf facial et ses branches de division. L’énucléation ne doit pas être réalisée en raison du risque beaucoup plus élevé de récidive et de paralysie facial définitive. Ces gestes sont complétés par un examen histologique extemporané (pendant l’intervention) puis un examen anatomo-pathologique définitif.

 

Sous-maxillectomie : fiche informative de notre société savante téléchargeable en cliquant ici

Elle consiste en l’ablation de la totalité de la glande sub-mandibulaire par voie cervicale après avoir repéré et préservé le rameau mentonnier du nerf facial, le nerf hypoglosse et le nerf lingual.

Le traitement des tumeurs malignes est en priorité la chirurgie. L’ablation complète de la glande est compléter par l’ablation des ganglions. Lorsqu’il n’existe pas de paralysie faciale préopératoire le nerf facial pourra possiblement être conservé.

Un traitement complémentaire par radiothérapie peut être proposé à la suite de la réunion de concertation pluridisciplinaire d’oncologie ORL selon le type et le stade de la tumeur.

                 

  • Comment se déroule l’intervention ?

 

L’intervention se déroule sous anesthésie générale en hospitalisation conventionnelle. Le plus souvent est mis en place sous la cicatrice un drain qui sera retiré dans les 2 à 3 jours post opératoire, permettant la sortie.

                 

  • Que se passe-t-il après l’intervention ?

 

Un traitement contre la douleur est prescrit. La cicatrice peut être nettoyée sous la douche avec un savon liquide doux et séchée avec un linge propre. Un rendez-vous post opératoire vous donnée dans les 7 à 10 jours. Toutefois en cas de problème, vous pouvez appeler le service ou consulter en urgence.